Notre-Dame, symbole de la Reconstruction de Royan

 

bâtir une nouvelle église

En 1951, le Conseil Municipal de Royan ouvre un concours d’architecture pour reconstruire Notre-Dame après les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. Le cabinet Baraton – Bauhain – Hébrard est choisi, avec un projet largement influencé par l’architecture brésilienne. En 1953, le Conseil Municipal change et Max Brusset devient maire. Ce premier projet ne l’ayant jamais réellement enthousiasmé, il en commande un nouveau. Notre-Dame devient le symbole même de la résurrection de Royan lorsqu’il ordonne à l’architecte retenu, Guillaume Gillet : « Faites-moi une église plus haute que cela, le plus haut possible ! Je veux que Royan ne soit pas une ville couchée, mais une ville debout : redressez-la par la silhouette de l’église ! » Guillaume Gillet n’appartient pas à l’équipe de Claude Ferret, chargé de reconstruire la ville, mais la réalisation de l’église de Royan propulse sa carrière. La première pierre est posée le 17 juillet 1955. L’église est bénie et inaugurée le 10 juillet 1958, puis consacrée vingt ans plus tard, le 9 juillet 1978.

 

une architecture résolument innovante

Guillaune Gillet

Guillaume Gillet et ses ingénieurs, d’abord Bernard Lafaille, puis René Sarger, utilisent un système de poteaux porteurs en béton, conçu une dizaine d’années plus tôt par Lafaille, et connu sous le nom de « V Lafaille ». Il répond aux nécessités économiques nouvelles par une mise en œuvre rapide : la préfabrication. Grâce à ce procédé, la nef de Notre-Dame s’élève à 35 mètres de haut. Ces poteaux permettent une couverture en forme de selle de cheval, autre invention de Lafaille, composée d’un voile de béton épais de seulement 6 cm. Notre-Dame est innovante par la technique et les matériaux employés, mais aussi par son plan centré en forme de mandorle (amande), qui reste un motif récurrent de l’iconographie chrétienne. Celui-ci illustre l’évolution de la liturgie vers une pratique plus conviviale, entérinée par Vatican II. Les caractéristiques du terrain, pentu, influencent aussi le plan. Ainsi, le chœur, à l’est, est plus bas que l’entrée, et est coiffé d’un clocher de près de 60 mètres.

 

Croquis de Notre-Dame de Royan par G. Gillet

Croquis de Notre-Dame de Royan par G. Gillet

un bâtiment fragile

Les contraintes budgétaires ne sont pas sans conséquence sur la pérennité du bâtiment. Les altérations sont notamment dues à la mauvaise qualité du béton, fabriqué avec le sable humide de la Gironde. Après plusieurs tentatives infructueuses de restauration, une solution satisfaisante semble avoir été trouvée par l’Architecte en Chef des Monuments Historiques Philippe Oudin en 1989, après le classement de l’église au titre des Monuments Historiques, qui la reconnait comme l’un des monuments les plus originaux de la seconde moitié du XXe siècle.

Citation de Guillaume Gillet (rapport de sa main – 24/09/1986) : « nous référant aux exemples d’Anatole de Baudot à Saint-Jean de Montmartre et d’Auguste Perret à l’église du Raincy, nous avons voulu créer une œuvre originale, ce que nous avons fait a mérité d’être cité dès la naissance de notre œuvre par le Musée d’Art Moderne de New-York parmi les quatre plus intéressantes réalisations de l’époque. Il serait souhaitable que la France sache aussi qu’elle existe et l’aide à survivre. Elle est adoptée par les habitants de la ville, et des écrivains tels André Malraux, François Mauriac et Claude Rostand ont approuvé et loué dès l’origine cette expression d’architecture contemporaine et c’est à ces divers titres qu’il semble qu’elle mérite d’être sauvegardée. »

le décor

Les crédits affectés à la reconstruction de l’église n’ont pu financer que le gros œuvre, et aucune ligne budgétaire ne prévoyait de décor. Gillet dessine alors lui-même quelques éléments, notamment le mobilier liturgique, pour l’intégrer au projet architectural et à son enveloppe budgétaire. Il dessine aussi un Christ en croix pour l’autel, refusé par les autorités religieuses pour un Christ plus académique. Des initiatives privées permettent cependant l’installation de statues dans l’église, signées de nombreux artistes. En revanche, un chèque des dommages de guerre est accordé pour la construction d’un grand orgue. C’est le facteur d’orgue Robert Boisseau qui le conçoit et le fabrique. Il est inauguré en 1964. Jacques Dussouil en est titulaire en 1966 et le fait agrandir en 1969. L’instrument est classé en 2004 et continue de jouer un grand rôle aussi bien lors des offices que de nombreux concerts.

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Les vitraux de Notre-Dame
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