Des vitraux pour sublimer l'architecture (2/2)

 

le programme réalisé par Henri Martin-Granel

Le programme complet de Notre-Dame comporte le grand vitrail du chœur, mais aussi 500 m2 de verrières dans la partie supérieure de l’église et un Chemin de Croix en partie basse. Ces deux grandes parties ont été traitées à partir de 1965, par Henri Martin-Granel, de manières différentes, mais toujours dans le respect des dessins de Gillet. Il a en effet rompu avec son propre style très figuratif et monumental, pour réaliser un programme sobre.

Les verrières hautes sont non figuratives. Leur rôle est de magnifier l’architecture et tout particulièrement les grands « V Lafaille », en créant un rai de lumière entre eux. Différents vitraux sont aussi judicieusement disposés le long des arêtes pour les souligner. Cet ensemble n’est pas sans évoquer les grandes verrières verticales gothiques du XIIIe siècle. Chaque verrière est constituée de panneaux rectangulaires, assemblés les uns au-dessus des autres. Ils sont composés de pavés de verre monochrome, de plus en plus clairs au fur et à mesure que l’on avance vers le chœur. Ils sont en effet plus foncés au dessus de l’orgue afin de le protéger du rayonnement solaire. Les couleurs choisies sont douces et les motifs géométriques, soulignés par l’insertion perpendiculaire de plaques de verre blanc, semblent issus du tissage.

 

Verrière-nef

Verrière de la nef G. Gillet
et H. Martin-Granel
 
 

Les galeries basses sont éclairées de petits vitraux en losange qui reprennent le thème du Chemin de Croix. Ce programme est validé en 1964 par la Commission Diocésaine d’Art Sacré, bien qu’il ne corresponde pas exactement aux quatorze stations du Chemin de Croix fixées au XVIe siècle. Il est ici composé de 18 panneaux, dont 13 figurés se rapportent plus ou moins aux scènes traditionnelles, un représentant une Croix, symbole de la Résurrection, et quatre compositions abstraites. Le Christ y est symbolisé en rouge. Ce choix, libéré des contraintes liturgiques classiques correspond bien au débat sur le renouveau de l’art sacré qui règne lors de la tenue du Concile Vatican II (1962).

 
Vitrail
Vitraux du Chemin de Croix - G. Gillet et H. Martin-Granel - détail
 

les vitraux récents

Par manque de financement, le programme de vitraux n’a pu être terminé du vivant de Gillet et certaines ouvertures ont été protégées par des panneaux en plastique.
En 1995, la commune de Royan et la Direction Régionale des Affaires Culturelles confient à Henri Martin-Granel et son fils la mission de vitrer les chapelles nord et sud près du chœur. Ils choisissent de rompre avec l’abstraction voulue initialement par Gillet pour intégrer des scènes de la vie de Jésus dans l’esprit d’une bande-dessinée. Ainsi, au sud, sont figurées la Visitation, la Naissance de Jésus et la Fuite en Égypte, et au nord, les Noces de Cana, la Pêche miraculeuse et le Baptême du Christ. Le style de Martin-Granel est très figuratif, imitant une mosaïque sur laquelle apparaissent les noms des personnages et les titres des scènes, en toutes lettres.

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Les vitraux de Notre-Dame
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